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Collège Les Quatre Vents
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Le collège les quatre vents à l’Arbresle (Rhône), à 30 km de Lyon. Le site est destiné aux élèves, parents d’élèves, aux enseignants et aux différents personnels du collège.

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Témoignage de Claude Bloch, décembre 2015
Article mis en ligne le 5 janvier 2016

par collégien
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Claude BLOCH est né le 1 novembre 1928 à Lyon.

En février 1944, sa grand­- mère à vent de rafles possible dans Lyon, son grand-­père change donc son nom sur sa carte d’identité (elle passe de BLOCH à BLACHET). Seule sa mère travail, sa famille ne s’est pas déclarée comme étant Juive, Claude, lui, étudie à la Martinière.

En juin 1944, sa mère décide de l’envoyer en Drôme, parce qu’il y sera plus en sécurité qu’a

Lyon, mais le 29 juin à 11h45 min, Paul TOUVIER débarque chez eux avec des soldats de la milice. Il est arrêté avec sa mère et son grand-­père, sa grand-­mère elle, était partit chez le coiffeur, elle n’est donc pas arrêtée.

Ils sont tous les trois amenés dans les caves de la Gestapo à Lyon. Son grand-­père et sa mère sont amenés aux étages. Quand il voit sa mère revenir, elle lui dit : « ils ont tués ton grand-­père » et il voit peu de temps après, par l’entrebâillement de la porte, un homme transportant sur son dos le corps de son grand-­père.

Ils sont ensuite amenés au fort Montluc et passent la nuit dans une cellule surpeuplée (environ 7­-8 personnes dans 4m2).

Le 30 au matin il est mis dans le baraquement pour les Juifs (il pouvait contenir environ 200 personnes). Il y reste jusqu’au 20 juillet, ce jour ­là il est appelé « avec bagages » (les soldats appelaient les prisonniers avec ou sans bagages : sans, cela voulait dire qu’ils allaient être fusillés dans les environs, et avec voulait dire qu’ils allaient partir pour une destination inconnue) et il retrouve sa mère.

On les fait monter dans un bus qui les conduit à la gare de Perrache d’où ils prennent un train. Le 21 juillet ils font escale à Dijon puis repartent. Le 22 juillet, ils arrivent finalement dans une petite gare de la région parisienne. Un bus les amène alors à Drancy (c’est en fait un quartier d’HLM non terminés). Pendant qu’il est à Drancy avec sa mère, il voit arriver des bus qui amènent des enfants en bas âge (au début de la guerre, il n’y avait principalement que les adultes qui étaient déportés mais vers la fin tous les « ennemis du régimes » sont déportés).

Le 31 juillet il fut embarqué, lui, sa mère et environ 1 millier d’adultes et 300 enfants en bas âge dans des wagons à bestiaux sans nourriture, seulement avec leurs valises.

Le 3 août ils débarquent, des hommes habillés de tenues rayées bleues et grises leurs disent de laisser leurs valises dans les wagons et de descendre. Claude BLOCH voit alors qu’ils sont dans un camp fermé, des soldats de la Schutzstaffel (soldats SS) les attendent et leur ordonnent de se séparer : les hommes se placent sur la gauche tandis que les femmes et les enfants, eux, se placent sur la droite.

Claude BLOCH se place sur la droite avec sa mère, ne savant pas ce qui peut lui arriver, mais celle­-ci le pousse du côté des hommes. Il ne la revit plus jamais, et nous dit « Ce jour-­là, elle m’a sauvé la vie ».

Les hommes passent en file indienne devant un officier SS qui choisit si chacun est, pour lui, apte ou inapte au travail, ceux qui ne sont pas aptes au travail vont rejoindre les femmes et les enfants sur la droite. Claude, lui, fut considéré comme apte au travail malgré le fait qu’il ait 15 ans et pèse 45 kilos.

Ils sont ensuite emmenés dans un bâtiment où on leur ordonne de se déshabillés, ils sont rasés intégralement et on leur tatou un numéro à chacun (Claude BLOCH possède le numéro : B 3692), ce numéro, c’est ce qu’ils deviennent, les prisonniers sont le plus déshumanisés possible.

On leur montre ensuite leur dortoir, il n’y a qu’une paillasse pour deux. Le matin, ils sont réveillés par des kapos à 4 heures (le mot kapo désigne les personnes qui étaient chargées d’encadrer les prisonniers dans les camps de concentration nazis, ils ont tous les droits envers les prisonniers.

Les kapos étaient souvent recrutés parmi les prisonniers de droit commun les plus violents), ils se rangent ensuite dans la cour où ils doivent se mettre au garde ­à­ vous et sont comptés par des SS. Le matin ils reçoivent pour seule nourriture une cuvette, remplit d’une espèce de café, pour 6 personnes.

Ils partent alors travailler, Claude BLOCH, lui, faisait le terrassement à Monowitz, à l’extérieur, par des températures pouvant aller de ­-20°C à ­-30°C et avec pour seul habit : une petite veste, un pantalon et de vieilles chaussures. Le soir ils reçoivent un cube de pain noir (180g ­-200g) avec un peu de margarine.

Les dimanches ils ne travaillent pas, mais ont interdiction de rentrés dans les bâtiments.

En hiver 1944, il prendre un train à Birkenau, les SS commencent à évacuer le camp car l’armée soviétique avance. Il arrive à Stutthof au bord de la mer Baltique en janvier 1945, il travaille alors dans une usine avec des civils polonais. Pendant le temps qu’il est à Stutthof il est allé à l’infirmerie où il rencontra un médecin lyonnais.

A nouveau les SS évacuent le camp et c’est à ce moment ­là que commence pour Claude BLOCH et beaucoup d’autres : « les marches de la mort ».

Il est emmené dans un petit port où il embarque dans la cale d’une péniche. Les péniches partent en direction d’un autre port. Il est alors transféré dans un cargo qui est surveillé par 2 SS. Au matin il entend des bruits, les SS ont disparu, ce sont des civils qui marchent sur le pont.

Le 10 mai 1945 (2 jours après la capitulation de l’Allemagne nazie), il finit par accoster et la « croix rouge » s’occupe des rescapés.

Il est emmené dans le sud de la Suède à Malmö, à ce moment ­là, il ne pèse plus que 30 kilos. Il reste 2 mois en Suède où il est soigné.

Il envoie un télégramme à des amis pour qu’ils disent à sa grand-­mère (comme il ne sait pas ce qu’elle est devenue) qu’il est toujours en vie.

Il arrive à Cherbourg (au nord de la France) le 20 juillet 1945 et à Paris le 21.

Au mois d’août il va à son ancienne école pour finir ses études mais l’Etat n’a rien prévu pour les rescapés de son âge, finalement il est accepté en 2ème année comme redoublant.

En 1948 il devient comptable, sa grand-mère décède en septembre 1949 suite à une maladie cardiaque. Il se mari en septembre 1950 et il a 3 enfants. Il prend sa retraite en 1989, il pense alors à témoigner aux jeunes générations.

Un jour il retourne, avec des journalistes, sur les lieux de son arrestation. Il apprend alors par la fille du propriétaire de l’époque qu’il a été dénoncé.

Claude BLOCH à fait partie du partie civil lors du procès de Paul TOUVIER.

Il est également décoré de la médaille de chevalier de la Légion d’Honneur en 2015.

Compte-rendu rédigé par Clément (3ème2) et Antoine (3ème3)


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